Le Livret 2 du CAP AAGA, aujourd’hui appelé dossier de validation, est la pièce maîtresse de votre VAE. Le jury le lit avant l’entretien, prépare ses questions à partir de lui et s’y réfère pendant la délibération. Il doit montrer, à partir de situations que vous avez vécues, les neuf compétences des deux blocs professionnels du CAP Agent accompagnant au grand âge.
Quel modèle utiliser ?
Le Livret 2 est un document académique : c’est votre DAVA qui vous le fournit, ou la plateforme France VAE, où le dossier se dépose en version numérique. Aucun modèle propre au CAP AAGA n’était en ligne lors de notre vérification d’octobre 2026, et beaucoup de documents qui circulent sont des livrets de l’ancien CAP ATMFC ou d’autres diplômes. Ne les utilisez pas. Partez du modèle reçu, respectez ses rubriques et sa longueur.
Combien de situations, et lesquelles ?
Si le modèle ne fixe rien, visez six à huit situations bien développées : trois ou quatre pour le bloc 1, trois ou quatre pour le bloc 2, certaines couvrant les deux. Une bonne situation est réelle, vécue par vous, précise (un jour, un résident, un problème) et comporte un choix ou une adaptation. Une « journée type » n’est pas une situation : elle montre une routine, pas une compétence.
Faites un tableau qui croise vos situations et les neuf compétences officielles. Chacune doit apparaître au moins une fois. Celles que les candidats oublient le plus souvent : l’entretien du linge, le recueil d’informations et la personnalisation de la sphère privée. On les pratique sans les nommer.
Structurer une situation
Une trame simple suffit : le contexte en quelques lignes (service, résident, moment), ce que vous avez observé, le problème ou l’objectif, ce que vous avez fait au « je », pourquoi vous l’avez fait ainsi, avec qui, le résultat, ce que vous en retenez. Les actions et leurs raisons doivent occuper la moitié du texte. Le contexte, un cinquième au plus.
De la description à l’analyse
Avant : « J’ai servi le repas de M. Louis en chambre. »
Après (exemple fictif) : « M. Louis mange en chambre depuis une infection pulmonaire. Avant de servir, je vérifie sur la liste de l’office qu’il a une texture mixée et de l’eau gélifiée : le plateau porte de l’eau plate, je la change. Je relève le dossier du lit pour qu’il soit bien assis, je pose le plateau à sa droite parce qu’il se sert mieux de cette main, je coupe son pain de mie et je le laisse manger seul en repassant toutes les dix minutes. Il laisse la moitié du plat : je le note sur la fiche de suivi alimentaire et je le dis à l’aide-soignante. »
La seconde version montre la vérification, la sécurité, l’autonomie respectée, l’observation et la transmission. C’est ce que le jury vient chercher : les gestes et leurs raisons.
Le bloc 1 quand on ne fait pas tout
Beaucoup d’agents d’entretien ne servent pas les repas, et beaucoup d’établissements confient le linge à un prestataire. Le jury le sait. Cherchez les moments où vous avez réellement assuré ces activités : un remplacement en salle à manger, les week-ends, l’été, le petit déjeuner en étage, la collecte et la distribution du linge, l’inventaire du trousseau à l’entrée d’un résident, la recherche d’un vêtement perdu. Un remplacement de deux semaines bien raconté vaut mieux qu’une activité imaginée. Si vous n’avez vraiment jamais touché au linge ou aux repas, demandez à votre encadrement de vous y affecter pendant le parcours, ou visez une validation partielle.
Le bloc 2 quand on fait surtout du ménage
Le bloc 2 porte sur l’espace privé du résident. Or vous y entrez tous les jours. Racontez comment vous frappez et attendez avant d’entrer, comment vous rangez avec la personne plutôt qu’à sa place, comment vous remettez ses objets là où elle les veut, comment vous lui proposez de plier ses serviettes ou de choisir ses vêtements. Racontez ce que vous avez remarqué et transmis : une résidente qui ne sort plus de sa chambre, un résident qui a du mal à atteindre sa sonnette. Faire avec, pas à la place : c’est le cœur de la compétence « promouvoir l’autonomie dans les actes essentiels de la vie quotidienne ».
Parler des limites de fonction
Le titulaire du CAP AAGA travaille sous l’autorité d’un responsable hiérarchique et n’est pas soignant. Ne présentez pas comme votre pratique normale des actes qui relèvent de l’aide-soignant ou de l’infirmier : soins sur prescription, préparation de piluliers, contention. Pour l’aide à la prise des médicaments, l’article L. 313-26 du code de l’action sociale et des familles et le protocole de votre établissement fixent un cadre strict ; dites ce que vous faites seulement si vous avez été formée et habilitée. En revanche, une situation où vous avez reconnu la limite, refusé un geste et passé le relais montre une vraie maturité professionnelle.
Anonymat, travail personnel, dépôt
Remplacez les noms par des prénoms fictifs, ne nommez pas l’établissement si le modèle ne le demande pas, ne joignez aucun document qui contient des données de résidents. Écrivez au « je », avec le vocabulaire exact : bionettoyage, code couleur, précautions standard, texture modifiée, transmissions, projet personnalisé. Faites relire l’orthographe si vous le souhaitez, mais rédigez vous-même : le dossier est votre travail personnel, et le jury vous interrogera sur chaque phrase. Respectez la date de dépôt fixée par votre académie, qui figure dans le calendrier du DAVA.
Le guide complet, présenté sur la page du diplôme, propose des situations fictives rédigées et commentées pour les deux blocs, des passages « avant / après » et une grille d’auto-évaluation par bloc.
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