L’entretien avec le jury est l’étape que redoutent le plus les candidats à la VAE CAP Métiers de la coiffure. Beaucoup de coiffeuses et de coiffeurs sont à l’aise avec des ciseaux, beaucoup moins face à trois personnes qui prennent des notes. C’est pourtant l’étape où vous avez le plus de prise : le jury a lu votre dossier, il veut maintenant vous entendre l’expliquer. Voici comment se déroule l’entretien, les questions à préparer et une réponse commentée.
Qui compose le jury, comment se passe l’entretien
Le jury de CAP est paritaire : des professeurs de coiffure d’une part, des professionnels employeurs et salariés d’autre part. Le professeur écoute la technique, l’hygiène et les savoirs associés. Le professionnel écoute le réalisme : le temps, les gestes, la sécurité de la cliente, la vente. En général, on vous demande de présenter votre parcours, puis on vous interroge sur vos situations, sur les compétences peu couvertes et sur les connaissances qui fondent votre pratique. La durée figure sur votre convocation : lisez-la, ainsi que les consignes jointes.
Examen et VAE : ne pas confondre
À l’examen, l’EP1 dure 5 h 45 avec des parties pratiques sur modèles (coupe homme, techniques femme) et un écrit ; l’EP2 est un oral d’une vingtaine de minutes sur la relation clientèle. Ces règles concernent les candidats à l’examen. En VAE, l’entretien porte sur votre dossier. Un modèle ou une mise en situation ne sont à prévoir que si votre convocation le précise. En cas de doute, appelez le service VAE avant le jour J.
Préparer votre présentation
Cinq à huit minutes, sauf consigne contraire. Votre poste actuel et le type de salon. Votre parcours, en quelques dates. Les prestations que vous réalisez seule, celles que vous faites rarement. Deux ou trois situations dont vous êtes fière, et pourquoi. Votre projet : rester salariée, coiffer à domicile, préparer le BP. Entraînez-vous à voix haute, chronomètre en main, sans apprendre par cœur : un texte récité s’effondre à la première interruption.
Questions fréquentes, bloc par bloc
- Bloc 1, diagnostic et technique : Que regardez-vous avant de mouiller les cheveux ? À quoi sert l’oxydant, et quand changez-vous de volume ? Pourquoi appliquer une coloration d’abord sur les repousses ? Comment montez-vous un dégradé court sur un client qui a un épi ? Comment choisissez-vous la taille des bigoudis d’une permanente ? Pourquoi neutralise-t-on ?
- Bloc 1, hygiène et sécurité : Comment désinfectez-vous vos outils entre deux clients ? Pourquoi des gants nitrile pour la couleur ? Que faites-vous si vous découvrez des lentes au shampooing ? Pourquoi ventiler pendant une décoloration ?
- Bloc 2 : Quelle objection entendez-vous le plus souvent, et que répondez-vous ? Comment proposez-vous un produit sans forcer ? Que notez-vous sur une fiche technique ? Comment se passe un inventaire dans votre salon ? Que faites-vous quand une cliente arrive avec vingt minutes de retard un samedi ?
Réglementation et savoirs associés
Le jury ne fait pas passer d’écrit, mais il vérifie que vous savez pourquoi vous faites ce que vous faites. Revoyez la structure du cheveu et du cuir chevelu, le cycle pilaire, les anomalies courantes (pellicules, séborrhée, chute, pédiculose). Sachez expliquer avec des mots simples l’oxydation d’une coloration et la réduction d’une permanente. Révisez les contre-indications : réaction antérieure à une coloration ou à un tatouage au henné noir, cuir chevelu irrité, cliente de moins de 16 ans pour une coloration, cheveux trop sensibilisés pour une permanente. Connaissez la touche d’essai prévue par les notices, à réaliser 48 heures avant.
Côté réglementation, préparez des réponses nettes : la coiffure est réglementée par le code de l’artisanat ; un salon fonctionne sous le contrôle d’une personne titulaire du BP, du BM ou d’un titre équivalent ; le CAP permet la coiffure à domicile ; les produits de permanente les plus concentrés en acide thioglycolique sont réservés aux titulaires du BP.
Une réponse commentée
Question : « Avec votre CAP, pourrez-vous ouvrir votre salon ? »
Réponse faible : « Oui, avec le CAP on peut s’installer, c’est le diplôme de coiffeur. »
Réponse solide : « Avec le CAP, je pourrai coiffer à domicile à mon compte. Pour ouvrir un salon, il faut que l’activité soit exercée par une personne titulaire du BP, du BM ou d’un titre équivalent, ou sous son contrôle effectif et permanent. Je pourrais donc embaucher une personne qualifiée, ou faire reconnaître trois années d’expérience par la chambre de métiers. Mon projet, c’est plutôt de préparer le BP dans deux ou trois ans. »
La réponse faible confond qualification du coiffeur et qualification du salon : elle inquiète le jury. La réponse solide montre que la candidate connaît la règle et situe son projet avec réalisme.
Les questions qui déstabilisent
« Vous n’avez jamais fait de permanente ? » Ne mentez pas. Dites ce que vous connaissez du protocole, dans quel cadre vous l’avez vu faire, et comment vous comptez compléter votre pratique. « Avez-vous déjà coloré une cliente sans touche d’essai ? » Répondez honnêtement et brièvement, puis dites ce que vous faites aujourd’hui. « Et si la cliente avait insisté ? » Expliquez que vous auriez maintenu votre refus et proposé une autre prestation. Une réponse du type « je ne sais pas, mais voici comment je chercherais » vaut toujours mieux qu’une invention.
S’entraîner avec un entretien blanc
Demandez à une coiffeuse diplômée, à votre responsable ou à votre accompagnateur de jouer le jury. Donnez-lui votre dossier une semaine avant, avec une liste de questions, et demandez-lui d’en ajouter. Faites la présentation chronométrée, puis les questions, assise face à elle. Pour chaque situation de votre dossier, préparez cinq questions : pourquoi ce produit ? pourquoi ce temps de pose ? et si la cliente avait été mineure ou allergique ? qu’auriez-vous fait seule ? qu’avez-vous changé ensuite ? Ce sont les questions que pose un jury.
Le jour J. Tenue soignée et coiffure travaillée : vous êtes face à des gens du métier. Écoutez la question jusqu’au bout, prenez deux secondes, répondez avec un exemple tiré de votre pratique. La décision peut être une validation totale, une validation partielle avec des préconisations, les blocs validés restant acquis, ou un refus, qui n’est pas la fin du chemin.
Pour les blocs et le cadre, voyez la page VAE CAP Métiers de la coiffure. Après le CAP, la VAE du BP Coiffure est l’étape qui mène à la qualification de salon. Le guide complet contient plus de cinquante-cinq questions classées par bloc et une dizaine de réponses commentées.